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Métabolismes de la métropole
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Cycle 3 : Territoires d'industrie

L'industrie de la santé: la Vallée de la Bièvre / 23 mai 2013


Après une phase de désindustrialisation, les métropoles occidentales misent aujourd’hui sur une industrie de pointe toujours plus miniaturisée et robotisée, et accueillent en parallèle de vastes sites d’assemblage. Après avoir longtemps été reléguées en périphérie, elles sont désormais pensées comme des potentiels moteurs d’urbanité. À mi-chemin entre Paris et Saclay, la Vallée de la Bièvre regroupe une industrie de pointe déjà bien implantée, constituée d’un pôle hospitalo-universitaire, de start-ups dédiées à l’innovation et de grands groupes, comme Sanofi. Dans ce territoire, où seront pensés, produits et testés les appareils, prothèses et médicaments du futur, l’enjeu du bien-être en ville est central.

Quelles formes urbaines pour une industrie dans la ville ? Comment les acteurs du territoire se sont-ils approprié la dynamique Grand Paris ? Quel rapport ce projet entretient-il avec celui du Plateau de Saclay ?

Les intervenants
logoPierre Alain Trévelo et Antoine Viger-Kohler, architectes et urbanistes, agence TVK, membre du Conseil scientifique de l’AIGP
logoJean-Marc Nicolle, premier adjoint au maire du Kremlin-Bicêtre, conseiller régional d'Île-de-France et délégué spécial au Grand Paris
logoFrançois Loscheider, Secrétaire général, Conférence territoriale de la Vallée Scientifique de la Bièvre
logoFrançois Chevillard, Délégué général, Medicen Paris Région
logoXavier Hagnerelle, Directeur de Villejuif BioPark
logoPatrick Olivier, Directeur de la stratégie, Agence Régionale de la Santé

→ Télécharger le livret "Vallée de la Bièvre"
→ Télécharger la plaquette de présentation
→ Télécharger le résumé de la conférence
→ La page dédiée sur le site du conseil régional de l'ordre des architectes


Cycle 3 : Territoires d'industrie

Situation métabolique:

De l’hôpital isolé au campus urbain

L’Institut Gustave Roussy c'est :

530

médecins,

965

soignants,

356

lits , 200 000 consultations par an ,

270

chercheurs,

240

ingénieurs,

2800

étudiants ,
Le campus Grand Parc c'est :

100ha - 110 000 m²

pour l’accueil d’activités de soins, R&D, formations, labo de recherche ,

30 000 m2

pépinière d’entreprise ,

140 000 m2

pour une offre tertiaire pour des entreprises du domaine de la santé ,

16 000

emplois hospitaliers
schema de la vallée de la Bièvre, zoom 1

logoL’institut Gustave Roussy (IGR) – industrie et recherche de pointe pour des soins personnalisés

«Le lien en matière d’essai clinique attire les entreprises. C’est la médecine translationnelle, c’est à dire le rapprochement du laboratoire de recherche et de l’hôpital où l’on fait des essais cliniques. Le but est d'aller plus loin dans le développement des produits et de faire de la médecine sur mesure.»

logoFrançois Chevillard


Avec 530 médecins assistés par 965 soignants, 356 lits et 88 places en hôpital de jour, ce sont plus de 200 000 consultations par an qui sont réalisées à l’Institut Gustave Roussy, un des centres mondiaux de lutte contre le cancer et le premier en Europe. Le bâtiment principal construit dans les années 1980 a récemment été restructuré par l’agence AIA et a été augmenté d’un nouvel espace de 18 000m². Le rassemblement d’une aussi grande quantité de malades en un même lieu a permis de développer un pôle de recherche et d’enseignement d’envergure internationale qui regroupe 270 chercheurs, 240 ingénieurs, et 2800 étudiants. L’Institut Gustave Roussy est en effet à la pointe de l’innovation en matière de recherche translationnelle qui fait le lien entre la recherche fondamentale et la recherche clinique. Si tous ces chiffres donnent l’impression d’une médecine très industrielle, en réalité la recherche actuelle s’oriente vers le développement de soins plus personnalisés. Les rapprochements de plus en plus importants avec les laboratoires de recherche industrielle, notamment dans le domaine des biotechnologies, offrent en effet la posibilité d’expérimenter et de développer des traitements de plus en plus adaptés à la singularité de chaque patient. Pour permettre aux malades de bénéficier de techniques de soins de pointe, aux chercheurs de bénéficier des dernières technologies et aux entreprises d’avoir à la fois accès à un terrain d’expérimentation et aux avancées de la recherche médicale, il est désormais nécessaire de favoriser la proximité entre structures de soins, de recherche et entreprises.

logoDe “Cancer Campus” à “Campus Grand Parc” : la création d'un biocluster


«Le profil d’une "biotech" c’est un capital très fort, un très gros potentiel, un très gros chiffre d’affaire, mais une faible masse salariale très diplômée.»

logoXavier Hagnerelle


L’association Cancer Campus a été créée en 2006 à l’instigation de l’Institut Gustave Roussy pour favoriser les synergies entre hôpital, industries de la santé et recherche et pour développer un parc immobilier adéquat aux interactions de ces trois milieux. Elle a déjà permis la création en 2011 de Villejuif Biopark, qui abrite une pépinière d’entreprises et un hôtel d’activité. Le projet Campus Grand Parc autour de la future gare de métro qui desservira l’Institut Gustave Roussy va permettre de continuer cette dynamique afin de faire émerger un biocluster. Il est prévu de construire 110 000m2 pour l’accueil d’activités de soins, de R&D, de formations, de laboratoires de recherche, 30 000 m2 pour une pépinière complémentaire de celle de Villejuif Biopark et 140 000 m2 pour une offre tertiaire, notamment pour des entreprises du domaine de la santé. On retrouve comme à Paris-Saclay cette volonté d’accueillir des antennes de grandes écoles spécialisées. L’Institut Gustave Roussy développe par exemple le projet d’une école de formation continue pour professionnels de santé : l’Ecole des sciences du cancer – Paris Sud. Le renforcement de la présence d’entreprises devra aussi permettre de créer un pôle novateur sur les métiers intermédiaires, en favorisant les partenariats avec les écoles d’ingénieurs.

logoD’une situation insulaire à un campus connecté

«Ce monument a produit une réflexion territoriale intéressante qui vise à faire un projet de renouvellement sur ce territoire. Nous nous intéressons à ce sujet qui est complètement décuplé par les réflexions sur le transport en commun. On passe d’un territoire qui n'en a pas à un territoire où deux lignes de métro se croisent.»

logoPierre-Alain Trévelo


Avec comme fond de scène l’autoroute A6, l’ensemble hétéroclite constitué par l’IGR, la redoute des Hautes-Bruyères, les réservoirs d’eau du SEDIF et le parc départemental des Hautes-Bruyères représente aujourd’hui une grande emprise très peu urbaine et difficilement traversable. Le très grand parking à l’entrée de l’hôpital témoigne d’une accessibilité pensée dans les années 70, essentiellement selon la logique du tout-automobile. Dans les années 1920, Gustave Roussy a implanté son institut à Villejuif cherchant à s’éloigner de la pollution de la ville. Mais la situation actuelle d’isolement est plutôt un frein au développement de la recherche hospitalière et à son rapprochement avec les industries de la santé. Même si ces structures nécessitent un environnement protégé pour des questions d’hygiène, de sécurité et de confidentialité, leur mise en synergie n'est pas qu'une simple mise en relation fonctionnelle, elle implique une réorganisation spatiale. Les échanges entre les différentes structures appelent des lieux de rencontre et de convivialité, et la définition d'une nouvelle urbanité. L'enjeu est de “passer d'une logique de juxtaposition d'ensembles programmatiques à une logique d'interaction urbaine”. La construction de la gare d’interconnexion des futures lignes 14 et 15 va améliorer considérablement l’accessibilité du site en transports en commun. Une Zone d’Aménagement Concerté de 70 ha a été créée en 2011 afin de « faire ville » à partir du projet du biocluster. L'aménagement de la ZAC Campus Grand Parc a été confié à la SADEV 94 par la Communauté d'agglomération du Val de Bièvre (CAVB). Elle englobe l’Institut Gustave Roussy et la redoute des Hautes-Bruyères dont le foncier occupé par le ministère de la Défense doit être cédé par l’Etat. Il s’agit de créer un lieu de vie, pas uniquement un lieu de soins. En plus des programmes liés à la santé, il est ainsi prévu la construction de 1720 logements sous forme d’écoquartier dont 40% de logements sociaux, de nombreux services publics, et d’espaces publics. Le périmètre de l’opération intègre de plus la rénovation urbaine des cités Alexandre Dumas et Armand Gouret et du foyer ADOMA, représentant un ensemble de 700 logements.

logoUn réseau de parcs pour structurer le campus

«Comment faire ce campus, l’insérer dans un système de santé plus vaste et transcender les coupures pour produire autour du parc des Hautes-Bruyères un périmètre plus large? On passe d’un système de parcs autonomes à un réseau d’espaces verts, un système de campus avec une démarche plus territoriale et progressive.»

logoPierre-Alain Trévelo


Le paysage extraordinaire du site actuel, point-haut de l’Île-de-France, et sa forte présence naturelle dans l’environnement urbain de la zone dense, ont guidé l’équipe de maîtrise d'oeuvre urbaine dans la définition du projet urbain de la ZAC Campus Grand Parc. L'équipe composée des architectes urbanistes de l'atelier TVK, des paysagistes de l'agence TER et du bureau d'étude technique INGEROP s’appuie en premier lieu sur la mise en réseau des différents espaces verts pour constituer une trame de liaisons douces, faisant le lien au sein du campus et entre le campus et la ville alentour. Un travail important a ainsi été réalisé autour de la notion de porosité particulièrement au niveau des limites du site. Un pont paysager sur l’A6 a été imaginé pour connecter la gare avec le jardin panoramique situé à Cachan et faire bénéficier les quartiers pavillonnaires situés de l’autre côté de l’autoroute de la nouvelle accessibilité. D’autre part, le projet conforte le rôle de « balise urbaine » de l’Institut Gustave Roussy qui constitue un repère visible de très loin dans le territoire. La hauteur des nouveaux bâtiments de la ZAC sera limitée afin de laisser à ce monument son rôle de phare dans le campus et le sud parisien.


image Roissy
image Roissy
Aménagement de la ZAC Campus Grand Parc 2012-2020
Maitrise d'ouvrage : CAVB/SADEV 94
Mission: Maitrise d'oeuvre urbaine et maitrise d'oeuvre des espaces publics
Maitrise d'oeuvre : TVK Architectes Urbanistes (mandataire) /TER (paysagistes) /INGEROP (BET VRD, mobilité, environnement)

Territoires d'échanges :

La vallée comme territoire d'échanges : un processus ascendant

La Vallée scientifique de la Bièvre c'est :

70 km²

,

18

communes ,

600 000

habitants ,

1

SDT et

1

CDT ,

35 400

étudiants soit

6%

des étudiants franciliens ,

216 000

emplois , La filière biosciences :

5

CHU, près de

500

entreprises,

46 000

salariés,

10 %

de la recherche scientifique française dans ce domaine
schema de la Vallée de la Bièvre, zoom 2

logoUn territoire de visibilité pour des dynamiques d’innovation régionales en matière de santé

«Jusqu’alors l’innovation se faisait dans des grands groupes de manière colbertiste, au département R&D. Aujourd’hui le territoire joue un rôle fondamental parce que l’innovation en santé, et même l’innovation tout court, est dans un processus ouvert. C’est une association des sciences de l’ingénieur et des sciences de la vie. On ne travaille pas les uns sans les autres. Dans ce contexte il est important de créer des lieux d’attractivité, des points visibles de loin.»

logoFrançois Chevillard


Le Campus Grand Parc constitue l’un des points forts d’un cluster de santé qui est en train de se structurer, accompagné par le pôle de compétitivité Médicen Paris-Région. Il vise à créer à l’échelle de la vallée de la Bièvre les mêmes synergies entre recherche fondamentale, clinique et développement industriel des synergies de recherche et de développement que celles qui se constituent autour du projet phare de Villejuif.

Il s’appuie sur d’autres hauts-lieux comme le Panorama, autour du CEA et de l’Hôpital Antoine Béclère à Clamart et Fontenay-aux-Roses, les implantations économiques de grands groupes comme Sanofi, d’entreprises plus petites et de plusieurs campus d’enseignement dans ce domaine.

Cependant, la logique de développement de ce cluster ne peut être réduite au territoire de la vallée de la Bièvre. C’est plutôt à l’échelle du cône sud de l’innovation, de Paris jusqu’Evry, voire à l’échelle de toute la métropole où sont répartis les membres de Médicen, qu’un véritable cluster pourra émerger. Comme l’explique François Chevillard l’innovation transcende les spécialités disciplinaires des entreprises et des labos de recherche publics ou privés. Seule une approche territoriale peut permettre de réaliser de réelles liaisons opérationnelles entre les différents acteurs de la santé, pour favoriser à la fois le développement économique et la qualité de l’offre de soins. Celle-ci reste l’objectif principal de l’Agence Régionale de Santé (ARS) qui a fait de la Vallée de la Bièvre son territoire pilote.


logoLe “campus urbain”, une polarité dispersée

«À l’échelle de ce territoire on a un pôle de recherche tout à fait significatif, même s’il est dispersé. Il est important de dépasser les limites administratives pour reconnaitre les différentes implantations sur ce territoire, ces petits campus enchâssés dans la ville qui créent ensembles un grand campus urbain. Il faut en tirer parti, en faire un moteur de développement urbain, économique, territorial.»

logoFrançois Loscheider


«Une des caractéristiques de notre territoire c’est qu’il est essentiellement résidentiel. Pour nous, c’est important de tendre vers l’équilibre pour ne pas perdre de l’emploi : nous devons rapprocher logement, emploi et développement économique.»

logoJean Marc Nicolle


Les biotech et l’industrie de la santé en général ne sont pas des activités qui créent beaucoup d’emplois, privilégiant un personnel peu nombreux et très qualifié. Même si le projet du Grand Paris a mis l’accent sur la santé et sur le projet phare du Campus Grand Parc, cette spécialisation ne suffit pas à caractériser ce territoire, ni à faire locomotive et freiner la résidentialisation en cours. Le territoire situé entre Paris et Orly subit en effet une pression foncière de plus en plus forte qui va encore s’accentuer avec la construction du futur métro.

L’idée plus large d’une vallée scientifique, constellée de petits campus, a initialement rassemblé les acteurs de ce territoire. Ce pôle de recherche significatif représente un potentiel pour développer l’emploi et attirer des entreprises innovantes. Mais le manque de services et l’accessibilité insuffisante sont actuellement un frein à ce développement économique. Le concept de « campus urbain » qui dépasse les limites administratives communales fait aujourd’hui consensus dans la vallée et a permis de poser les bases d’un projet territorial global mêlant des exigences tant en termes d’économie métropolitaine que d’urbanité et d’amélioration de la qualité de vie.


logoScénariser la transformation d’un “territoire intermédiaire”

«Le CDT s'est avéré plus complexe que l'élaboration d'un SCOT ou d'un grand plan directeur. Il s’agissait de travailler avec les élus pour comprendre les différentes composantes de ce territoire et voir où il pouvait aller. Cela nous a permis de prendre une distance vis à vis de la planification territoriale à la française qui peut montrer ses limites. L’intérêt était de déceler les dynamiques à l’œuvre, d’essayer de les comprendre pour mieux les utiliser. Nous prenons le temps en compte car le territoire est beaucoup pensé à travers le prisme du Grand Paris Express, mais il ne sera pas là tout de suite.»

logoPierre-Alain Trévelo

A l'origine, Pierre Alain Trévelo pointe que le territoire de la Vallée scientifique de la Bièvre est un territoire n'avait pas d'élément “extraordinaire”. L’urbanisation a progressé au cours du XXème siècle avec une certaine hétérogénéité dans les constructions et une très forte présence de la nature. Cette situation intermédiaire entre l’hyperdensité de Paris, et les grands espaces ouverts de la grande couronne comme ceux de Saclay, empêche d’adopter des méthodes traditionnelles de planification. Pour élaborer le Schéma de Développement Territorial, conjointement avec Acadie, l’agence TVK a adopté une approche fine et dynamique, en partant des composantes du territoire et de ses initiatives grâce à la “scénarisation” qui, à l'instar d'un scénariste de série télévisée, permet “d'identifier des situations et des intrigues, non pas pour leur inventer une fin, mais pour les étoffer au fil des saisons.”

Sur le plan spatial, le schéma s’attache à augmenter la porosité de ce territoire déjà bien maillé, mais fortement marqué par des infrastructures routières qui font coupure et sont sources de nuisance. La figure du “ring des espaces en mutation”, le long des RD906, A86 et A6, permet de révéler leurs potentialités et de développer des logiques de chaînage faisant liant entre les nombreux projets pensés séparément. De même, la topographie de la vallée, parfois vécue comme une contrainte, pourrait créer des liens plus immatériels, un espace de co-visibilité pour renforcer l’identité de ce campus dispersé. C’est le principe de l’“axe des campus” qui révèle le lien entre les quatre grands sites de la vallée.


image Roissy

image Roissy
Élaboration du Schéma de Développement Territorial de la Vallée Scientifique de la Bièvre 2010-2012
Maîtrise d'ouvrage : Conférence Territoriale de la Vallée Scientifique de la Bièvre
Maîtrise d'oeuvre : TVK / Acadie / IAU

logoUne démarche de coopération territoriale inédite

«On a réussi très rapidement, à créer les conditions d’un dialogue où les élus se sont positionnés pas seulement en tant que décideurs, mais dans un rôle de médiateur. De manière à ce que le travail entrepris au sein de la conférence serve à approfondir notre connaissance et nous permette également de communiquer cette vision du territoire. Pour que tout le monde ait envie de s’approprier le projet, d’y vivre, et de le faire partager.»

logo Jean Marc Nicolle


En 1998, époque où l’on ne parlait pas encore de la métropole du Grand Paris, les acteurs du territoire ont initié un dialogue, animés par la volonté de ne pas rester tributaire du développement parisien et d’insuffler une dynamique qui agisse en synergie avec celui-ci. Ces discussions ont donné forme en 2003 à la création de la Conférence territoriale de la Vallée Scientifique de la Bièvre, une structure de gouvernance inédite rassemblant collectivités, établissements de recherche et acteurs économiques. Cette instance de partenariat et de visibilité a permis aux 18 villes, 4 intercommunalités et 3 agglomérations qui la composent, de se mobiliser autour de nombreux projets dépassant les périmètres administratifs pour travailler en complémentarité plutôt que dans la concurrence. Elle agit en complémentarité avec les intercommunalités qui ont un rôle plus opérationnel.

Cette “maturité politique” du territoire a permis une vraie discussion avec l’Etat dans le cadre du projet du Grand Paris. Comme l’a expliqué Fabien Fabbri, le projet phare du Campus Grand Parc a ainsi pu servir l’intérêt de l’ensemble du territoire dont les spécificités économiques et urbaines avaient été affirmées préalablement dans un Schéma de développement territorial. Grâce à ces travaux préparatoires, la définition du contrat de développement territorial “Campus Sciences et Santé” a pu avancer rapidement, contractualisant le projet Campus Grand Parc entre l’État et la Communauté d’agglomération de la vallée de la Bièvre. Ce CDT a ainsi été le premier signé en octobre 2013.

La Vallée de la Bièvre dans le Grand Paris

La vision de l'équipe TVK / Acadie / Güller Güller / Bas Smats

«
Intermédiations et parages : les nouveaux mondes

Pour faire advenir ces transitions et penser maintenant le Grand Paris comme un système ouvert, certains territoires sont amenés à jouer maintenant un rôle majeur. En effet, au carrefour des espèces d’espaces qui composent l’étendue métropolitaine, ces situations que nous qualifions d’intermédiaires ou de parages sont des zones où se nouent des intrigues, des endroits où les différentes composantes de la métropole entrent en conversation et produisent de nouvelles histoires, de nouvelles hypothèses. Ces territoires sont particulièrement intéressants parce qu’ils sont capables d’engendrer une intermédiation entre les parties ou les temporalités de la métropole, qui, bien que fonctionnellement interdépendantes, ont pourtant tendance à s’abstraire, à s’ignorer, voire à se protéger les unes des autres. Dans ces situations qui se sont largement inventées toutes seules, ce qui relève ailleurs de la juxtaposition ou du télescopage produit une forme d’interaction et d’épaisseur. Grâce à leur apparition, les « usual suspects » du territoire métropolitain (villages clubs, lotissements, zones d’activités, grands ensembles, dalles de villes nouvelles, bases de loisirs, etc.) acquièrent une sorte d’extension commune où leurs états d’âme respectifs se superposent, et qui donne une réalité géographique et sociale à leur proximité purement spatiale.

Ainsi, plus que dans une addition interminable de périmètres, l’intermédiation se mettra en place dans un espace discontinu, pas forcément cartographiable, mais capable d’intégrer un champ de relations en constante effervescence. Loin de la notion uniformisante de centralité, c’est donc dans ces parages que l’on réinventera quotidiennement la métropole. Parce qu’ils ne cessent d’évoluer et de rebondir, ils ne peuvent pas être conçus, programmés et produits à l’avance. Leur vertu fondamentale est d’illustrer et de cultiver l’espoir que les composantes célibataires de la métropole vont pouvoir de nouveau constituer des mondes localement intéressants et résilients.

Scénarisation

Comment penser une planification légère ? Comment penser les multiples échelles des relations métropolitaines dans le temps ? Comment imaginer un projet métropolitain rechargeable et adaptable à chaque période, et issu d’une méthode de collaboration transversale des acteurs ? Et comment accompagner ces dynamiques métropolitaines en constante évolution ?

La méthode de la scénarisation permet de préfigurer cela. Car la tâche de l’urbaniste, en se rapprochant de celle du scénariste, consiste aujourd’hui à identifier les situations et les intrigues, non pas pour leur inventer une fin, mais pour les étoffer à mesure, au fil des saisons. La scénarisation n’est pas un récit idéologique, ni un programme sur cinq ans, c’est une oeuvre ouverte, une histoire évolutive et collective, qui, à la fois, suit de près et provoque les avancements de la métropolisation.

À la différence d’un simple phasage, la scénarisation intègre des dispositifs rétroactifs qui permettent sa constante mise à jour et sa réévaluation. Les scénarios relatifs à un épisode particulier de l’histoire d’un territoire peuvent alors être associés aux pistes alternatives et aux potentiels imprévus qui les accompagnent. Le but de cette méthode est de recharger ou de réinventer l’outil de la planification, en convoquant toutes les temporalités, de celle du vécu individuel à celle des processus prospectifs propres à l’action collective, en tissant les liens nécessaires entre des histoires apparemment secondaires et d’autres plus connues, pour construire un récit global. »

logoTVK / Acadie / Güller Güller / Bas Smets


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