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« Notre regard et nos manières de faire la ville doivent évoluer » – tribune de Finn Geipel et Joseph Hanimann

Finn GeipelCette tribune est parue sur le site de Libération

Pour l’architecte Finn Geipel et le philosophe Joseph Hanimann, il faut s’appuyer sur la richesse de l’agglomération parisienne pour créer la métropole de demain.

Été 2008, le projet «Grand Paris – Métropole Post Kyoto» est lancé, une dynamique est née. Il s’agissait notamment de répondre à l’absence de liant entre des réalités urbaines discontinues, incompréhensibles et porteuses de tensions en région parisienne. Cela appelait des actions aux échelles diverses, à la fois concrètes et discrètes. Où en est cette dynamique aujourd’hui ?

Elle a certainement permis de souligner certains problèmes et enjeux, mais sur le fond du projet c’est une autre histoire. Au lancement de la consultation internationale, le nom de «Grand Paris Métropole Post Kyoto» contenait deux promesses : d’abord celle de lire la ville et sa banlieue comme un ensemble formant une métropole-monde. Tenant compte de la réalité des modes de vie, des formes urbaines et architecturales, des pôles d’intensité et des morceaux plus légers, du «déjà-là» des situations qui cohabitent, il fallait savoir décrypter les problèmes afin de donner une consistance métropolitaine au territoire et de garantir une unité qui éviterait l’uniformisation.

La seconde promesse était d’inciter cette métropole à devenir pionnière en termes de «sustainability», non seulement au sens climatique, environnemental, énergétique, mais aussi politique, sociétal et culturel. L’évolution vers cette double promesse est cependant difficile à quantifier et à mesurer. Il y a, bien sûr, des projets concrets comme le Grand Paris Express, ce réseau de métro long de 200 km comptant 68 nouvelles gares. Il y a aussi des grands projets de transformation plus localisés, comme le plateau de Saclay ou la plaine Saint-Denis. Il y a la constitution administrative de la Métropole du Grand Paris sur 814km2 comprenant Paris, la petite couronne et quelques communes de la grande couronne.

La construction d’une métropole-monde

Cependant il faut encore considérer l’ensemble du territoire (près de 3500km²), dans une approche globale, constituant ainsi le récit de cette métropole-monde. Les grands récits fondés sur une densité historique ont comme référents la nation, la ville, parfois une région. Les métropoles en revanche n’ont guère de récit. Elles ont la mémoire courte, le fonctionnement à la fois efficace et chaotique, la productivité massive, l’impact lourd, l’imaginaire fragmenté, enclavé, parfois vide. Cela est particulièrement vrai pour l’agglomération parisienne avec ses opulentes sources narratives au centre et ses marges restées muettes, parsemées de quelques hauts lieux emblématiques. Le potentiel y est pourtant. Il faut se saisir de ce qui fait le multiple, le pluriel, agir avec lui et pour lui, en faire les atouts pour la transformation et la création d’une identité «grand parisienne».

Le potentiel de la périphérie

A l’époque de la «ceinture rouge» autour de Paris, on allait au théâtre de Gennevilliers, au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis, aux Amandiers de Nanterre pour écouter une parole qu’on n’entendait guère dans les théâtres parisiens. Elle disait les conflits humains, les rêves individuels et collectifs d’une manière particulière. De même, quand l’ambassadeur américain Charles Rivkin, en poste à Paris en 2010, nouait des contacts directs avec des habitants et associations de Villier-le-Bel, de Bondy et d’ailleurs, c’était pour y rencontrer une des parties les plus inventives et les plus vivantes de la population. Notre regard et nos manières de faire la ville doivent évoluer, si nous voulons infléchir positivement les mutations métropolitaines.

La métropole se présente comme une échelle pertinente pour cela. L’agglomération parisienne est faite de contrastes, notamment en raison de sa forte homogénéité au centre et d’une vaste diversité tout autour, ce qui offre un terrain particulièrement riche. C’est dans les interstices de l’existant, à l’abri de l’unification forcée, du laisser-aller indifférent et de la ségrégation revendicative, que peut naître un esprit métropolitain.

FINN GEIPEL, Architecte et urbaniste
JOSEPH HANIMANN, Philosophe

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