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Un urbanisme cohérent pour favoriser la mixité – tribune de Christian de Portzamparc

Christian de Portzamparc

Cette tribune est parue sur le site de Libération

L’architecte-urbaniste Christian de Portzamparc rappelle que la ville est un espace social avant d’être un réseau de transports.

La ségrégation est la plaie du grand territoire métropolitain car il renforce les inégalités et l’isolement. A la ville intégratrice et citoyenne s’oppose une ville séparatrice, où la République n’est parfois pas respectée.

Toutes les grandes périphéries se sont développées par enclavements multiples le long des tuyaux, des chemins de fer et des voies rapides qui coupent les territoires. Ainsi s’additionnent les secteurs, les zones, les camps, ces enclaves coincées entre les réseaux et desservis par une bretelle dédiée. Elles rassemblent soit des pavillons, soit des barres de HLM, soit les plus pauvres, soit les plus riches, elle concentre soit du stockage, doit des bureaux, soit de grandes surfaces commerciales, soit des loisirs.

Contrer «la mort de la rue»

Ce «zoning» avec ses enceintes, ses boucles et ses impasses fut théorisé à partir de la «mort de la rue» et prôné par les urbanistes après la Charte d’Athènes. Persuadé que l’auto et le train assureraient tout, on a rejeté la continuité évidente de la grille de rues et d’avenues qui assure la continuité physique de la ville.

Obsédés par la distance et la vitesse mécanisée, les urbanistes oublièrent vite que les rues et les avenues sont très loin d’être seulement des circulations faites pour se déplacer. Elles sont comme des guides qui nous font connaître les adresses et comprendre nos lieux pour y vivre à pied, à vélo, en voiture, et pour aller partout. Elles sont la base de cette fameuse mixité, exigée sans cesse, elles conditionnent le commerce foncier et l’évolution possible des lieux. Grâce à elles, il est possible d’acheter et de revendre des petits morceaux de la ville, de transformer et faire muter les lieux. Elles sont les conditions premières de la ville démocratique et l’ADN de sa croissance et de sa transformation.
Sans ce réseau, les évolutions des quartiers s’orientent inéluctablement vers la privatisation ou ghettoïsation, une tendance qu’on observe sur toute la planète et qui leur ôte beaucoup de valeur. Et comme rien ne pousse à transformer trois pavillons en hôtel ou en grande pharmacie, la situation de ces villes n’évolue pas.

A l’inverse de la rue, les voies rapides nous permettent de sauter d’une gare, d’un parking, d’une enclave à une autre. D’une part, ce réseau de tuyaux coupe les territoires et d’autre part il empêche de créer une « vie » le long du trajet. L’arrivée du Grand Paris Express améliorera certes les dessertes, mais ne favorisera pas l’animation des espaces publics et sans eux, il n’y a pas de ville, il n’y a pas Res Publica.

Renouer avec un urbanisme au service des habitants

Pour rendre accessibles et transformables ces quartiers, il faut pour ainsi dire que «tous les chemins mènent à Rome» et que la visibilité et l’accessibilité soient cohérentes. Tout logement doit impérativement faire partie intégrante d’une forme de quartier mixte, accessible et placé dans un réseau de relations physiques. Or, les lieux où il est possible de construire ou d’agrandir un quartier sont le plus souvent les plus isolés. S’ils demeurent figés et sans valeur c’est parce qu’ils sont occupés, enclavés, bordés, non reliés. Dès lors la visibilité et les moyens de les agrandir y sont faibles.

Il faut rétablir et créer une structure multilinéaire de la métropole, faite de lignes de déplacements multi-transports, qui peuvent recevoir les bus et des lignes de tramway afin de relier les gares, les mairies et zones de friches à reconvertir. Mais nous ne pouvons pas nous contenter d’une série de places devant les gares. C’est pourquoi nous avons proposé à l’AIGP de cartographier les lignes agrégatives existantes et d’en tisser de nouvelles. Nous leur avons proposé de créer une tapisserie qui recevra les espaces verts, les lieux remarquables, les cités etc. Car c’est cet enchaînement des espaces de proximité dont l’animal humain a besoin.

En collaboration avec les élus de la métropole, les habitants de la région, les urbanistes et architectes, nous devons permettre de visualiser une ville qui active le marché foncier et prépare l’accueil du logement dans des zones enclavées.

CHRISTIAN DE PORTZAMPARC
Architecte et urbaniste

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